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Ne cherchez pas dans vos livres d’histoire les dates de naissance et de mort de mes personnages. Vous ni trouverez que la terrible déception de l’anachronisme d’illustres hommes qui ont vécu au XVIIIe et qui ont auréolé de leurs gloires, de leurs talents ou peut-être de leurs sottises, cette période que l’on appelle le siècle des Lumières. Un siècle de raison et de progrès.
Mes personnages, et ils ne sont que cela, ne sont pas encore nés. Ils ne le seront que le soir de la première. Pour ma part, je les ai réunis pour mon plus grand plaisir ainsi que David quand il peignit Madame Laetitia au sacre de son fil alors que notoirement elle était à Rome ce jour là. Mais quel immense bonheur de se moquer des dates et de prendre à l’histoire que ce qui nous comble.
Chaque personnage de ce récit est une couleur. J’ai écris cette pièce pareillement à un peintre.
Merci à Sacha Guitry de m’avoir, il y a quarante an, conté pour la première fois Versailles. Que ce souvenir d’un bonheur d'enfance fasse partie du vôtre à la lecture de ces «Mémoires des plaisirs de bouche...»
Spectacle donné pour la première fois le 18 février 2005 au Théâtre de la Cité à Fribourg.
Mise en scène: Alain Le Coultre
Costumes et décors: Ruth Pulgram
Lumières: Bernard Kolly
Musique: Adrien Vauthey et Frédéric Perrier
Extrait 1 / Scène 1
Baffo - Le putanisme, métier si beau qui est si grand lustre en cette ville, est en détresse à cause des femmes mariées. Il est nécessaire de remédier à ce si grave inconvénient. Ton amie, en devenant putain, redonne à Venise son éclat, c’est donc sans remords que nous la livrons aux quartiers, bourgeois et soldats. On sait qu’elle mourra à force de baiser… comme d’autres le font à force de vieillir. La putain est nécessaire à la vie humaine.
Nicolo - Vil canaille, entrailles du diable ! (Exit Nicolo)
Casanova - Et bien nous savons maintenant son nom. Cela devrait te faciliter la tâche. Allons, que la morale
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découvre la débauche de cette petite avec notre nouvel ami Mozart.
Nicolo - Avec ce billet signé de sa main, le piège se tisse autour de lui. Vénus a fait choix de ruffians, d’hommes pleins d’inhumanité qui défendent ou prohibent son doux métier.
Casanova - Tu serais un bien bel homme, si tu n’étais pas si méchant.
Baffo - La bêtise est pire que la méchanceté, cette dernière peut être punie et amendée, mais la bêtise… que faire.
Casanova - Trouves Baffo ! Trouves !
Personnages : Mozart - Baffo - La Garde - Nicolo
Mozart sort une pointe de son pourpoint, cherche du papier, puis résigné, il écrit en l’air, face à lui ce qu’il fredonne.
Dans l’ombre, Nicolo portant masque de cuir glisse quelques mots à Mozart sur le souffle.
Nicolo - Casanova est un homme joueur, mangeur, buveur. Si l’on ajoute à ce triple mérite l’art de faire des dettes, de savoir à merveille endormir ses créanciers et de jouer de toutes les ruses pour reprendre son bien, on aura la somme totale de son savoir et de sa science; car, du reste, il est fourbe dans toute la force du mot. Il vous tend un piège !
(La voix disparaît)
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