De la pierre gravée surgit le commandement: tu ne tueras point ! Le sculpteur venait ainsi de diviser l'humanité en deux, les bons et les méchants.
En 1933, la France se passionna pour l'affaire des soeurs Papin. Le 2 février, jour de la chandeleur, il y eut un éclair. Un de ces terrifiants éclairs qui font que dès lors rien ne sera plus comme avant. Cela s'est passé au Mans, 6 rue Bruyère. Deux soeurs, Christine et Léa Papin, bonnes à tout faire chez Maître René Lancelin ont en un instant massacré sa femme et sa fille.

Christine saisit un pot d'étain et d'un coup l'écrase sur le visage de la patronne. Les dents vont gicler partout sur le palier. Puis, elle plonge ses doigts dans l'oeil, l'arrache et le jette sur l'escalier. Pareil pour la fille. Léa lui donne un coup de main. A coups de couteau de cuisine, de marteau, les deux soeurs s'acharnent sur le corps de leurs victimes, leur écrasent la face et, dévoilant leur sexe, taillent profondément les cuisses et les fesses de l'une pour souiller de sang celles de l'autre.

Deux heures après, la police est sur place et découvre, à la lueur d'une bougie, les deux soeurs complètement nues sur leur lit. "En voilà du propre". Telle est la formule qu'elles échangent et qui semble donner le ton de dégrisement vidé de toute émotion, qui succède chez elles à l'orgie sanglante.
Voilà, le mystère des soeurs Papin commence. Mais le mystère, c'est une porte entrebâillée, et une porte, cela se pousse.

Spectacle donné pour la première fois le 15 janvier 1991 à Chêne-Bourg, Genève. D'après "le Diable dans la peau" de Paulette Houdier.

Le Greffier: Jean Huwyler
Christine Papin: Annick Philo
Léa Papin: Carole Coupy
Décors: Eric Debonneville
Mise en en scène: Jacques Sallin

Le prix René Habib 1991
récompense Jacques Sallin pour "Putain d'histoire d'amour".
Le Courrier, P. Volery

Annick Philo et Carole Coupy dans les rôles
de Christine et Léa Papin.

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